Rencontre avec Jimmy Péan / Bleu Métal Records
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Jimmy Péan, je suis ingénieur du son, musicien et fondateur de Bleu Métal Records.
Quel est ton parcours professionnel ?
À l’origine, j’étais technicien en mécanique d’engins de travaux publics pendant 15 ans, puis responsable d’agence et d’atelier pendant 8 ans.
Suite à un burn-out professionnel et à des problèmes de santé, j’ai décidé en 2023 de me reconvertir dans ma passion : la musique
Quels sont les services que tu proposes ?
Je propose aux jeunes artistes et particuliers de découvrir le monde du studio en :
- , enregistrant et mixant leurs projets (par exemple : une voix sur un morceau connu, une composition guitare-voix ou piano-voix, ou encore un titre complet enrichi d’instruments réels ou virtuels) ;
- puis en assurant la publication sur les plateformes de streaming (Deezer, Spotify, YouTube…), accompagnée de la création de la pochette du single.
Les enregistrements se font au Silo, au Mans, et le mixage dans mon home studio privé.
Pourquoi le nom « Bleu Métal Records » ?
Même si mes goûts sont éclectiques, je reste un grand fan de musique métal.
Au départ, je souhaitais me concentrer uniquement sur ce genre, puis j’ai rencontré des artistes d’univers très différents avec qui j’ai adoré travailler.
Finalement, le nom est resté : il fait partie de l’histoire du projet.
Le mot « Bleu » vient de ma couleur préférée, et « Records » pour l’enregistrement.
Je voulais aussi un nom avec une petite touche anglophone tout en gardant un mot français… mais la plupart des gens disent « Blue Metal Records »
Quel a été le déclic pour faire de l’enregistrement ton métier ?
C’est surtout le mixage qui m’a attiré.
J’ai toujours aimé les domaines techniques qui demandent un apprentissage infini, et mon côté geek adore l’aspect informatique du métier.
Je pense aussi avoir une bonne oreille et une bonne analyse musicale, ce qui me permet d’apporter une touche artistique aux arrangements.
Quelle est ta partie préférée quand tu enregistres un artiste ?
Pour le moment, je travaille principalement avec des artistes solos.
J’aime lorsque l’artiste se sent en confort, je travaille souvent avec des profils amateurs qui peuvent être un peu déstabilisés par le monde du studio, c’est très important d’être détendu et en confiance pour pouvoir chanter et jouer le mieux possible.
C’est aussi très gratifiant quand ils découvrent la différence de qualité entre un enregistrement maison et un enregistrement professionnel.
Enfin, j’apprécie les retours honnêtes : ils permettent d’améliorer les points faibles et d’offrir une expérience toujours plus qualitative.
Avec quel artiste rêverais-tu de travailler ?
A partir du moment où l’artiste est ouvert d’esprit, humble et que la complicité s’installe c’est déjà le rêve, pas besoin d’aller plus loin.
Quelle est ta vision de la scène musicale mancelle ?
Depuis deux ans, j’ai écouté énormément de groupes locaux et je suis impressionné par la diversité et la qualité des projets.
Cependant, beaucoup manquent de visibilité.
Je pense qu’il faudrait plus de petites salles (100 à 200 places) pour permettre aux groupes locaux de se produire régulièrement.
Le fait que de plus en plus de groupes jouent « au chapeau » m’interpelle.
Le manque de petites structures et le fatalisme ambiant n’arrangent pas la situation.
Tu joues aussi dans des groupes : quels sont tes projets artistiques personnels ?
Je suis guitariste du groupe Which One, le projet rock/métal de Bastien Brouard.
Depuis le printemps 2024, nous préparons un set complet pour la scène, nous avons déjà réalisé quelques clips et le projet avance bien, nous prévoyons nos premiers concerts début 2026.
Vous pouvez trouver toutes les infos sur www.whichone.fr
Que penses-tu de l’évolution des techniques et de l’apprentissage studio ?
Comme dans beaucoup de domaines, tout se miniaturise.
Les outils professionnels autrefois inaccessibles au grand public sont désormais à la portée de tous, avec tout ce que cela implique.
Aujourd’hui, de très bons ingénieurs du son travaillent 100 % en numérique avec une qualité presque indiscernable des outils analogiques.
Les grandes consoles de mixage restent impressionnantes, mais leur coût et leur encombrement ne justifient plus toujours l’investissement.
Côté apprentissage, les vidéos en ligne sont très utiles, mais il faut rester critique : trop de tutos présentent des recettes « universelles » qui nuisent à la spontanéité musicale.
Le côté trop visuel des outils modernes éloigne parfois du ressenti et de l’oreille.
Ce qui te fascine ?
Les micros légendaires restés inchangés depuis des décennies, et les plugins qui tentent de reproduire le son analogique à la perfection.
Ce qui te déplaît ?
La jungle des outils pour les débutants : on se perd facilement alors que trois bons outils suffiraient.
Que penses-tu du « son immersif » dont on parle à travers Le Mans Sonore ?
C’est une démarche très intéressante : ces nouvelles expériences enrichissent les salles de spectacle ou les cinémas.
Mais pour moi, le vrai côté immersif, ce sont les vibrations physiques ressenties lors d’un concert, cela ajoute un sens à l’expérience et c’est pour moi plus notable que n’importe quelle simulation de son 360° dans un casque à 2 écouteurs…
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans ce métier ?
- Multipliez les sources d’apprentissage et trouvez un bon équilibre entre contenu vidéo sélectionnés, livres et pratique.
- Rencontrez des professionnels.
- Cherchez des critiques constructives.
- Enregistrez et mixez beaucoup de petits projets tests, même seuls.
- Concentrez-vous sur le métier, pas le matériel.
- Et surtout : ne pensez jamais que c’est gagné, car c’est à ce moment-là qu’on commence à perdre.
Où peut-on te trouver et te contacter ?
Site web : www.bleumetalrecords.com
Téléphone : 06 22 00 68 63
E-mail : bleumetalrecords@gmail.com
Réseaux sociaux : Facebook, Instagram, LinkedIn (messages privés possibles)
Sur place : souvent au Silo (Le Mans) — rendez-vous possible facilement.