Dans les rapports parfois complexes qu’entretiennent la musique et le succès, le tube demeure l’élément clef. Ses mécanismes et ses acteurs ne sont guère nouveaux et l’on tisse encore avec lui des liens privilégiés, marquant à jamais l’histoire des individus et des groupes.
Cependant, le tube traverse au cours de son histoire de nombreuses mutations, tant dans ses modes de fabrication et de diffusion, que dans ses modes de consommation. À l’ère d’internet et de la dématérialisation, le tube devient de moins en moins assimilable à une œuvre d’art finie : « quelques notes, quelques mesures d’une séquence qui nous touche, une BO de série ou de film, une synchro de pub, une sonnerie de portable, un jingle, un sample, etc ». Devenu progressivement une entité « gazeuse » quasi omniprésente dans l’air du temps, le tube subit aussi le dictat de l’image, mais cela ne l’empêche pas de renouer avec quelques bons vieux supports ou formats d’antan (Vinyle et Single) ou d’en intégrer de nouveaux (Streaming et Playlist). Côté « fabrication », le légendaire trio « auteur-compositeur-arrangeur » cède la place aux « Beatmakers », « Topliners », « Hookers », et autres « Ambianceurs ».