Aller au contenu principal

Chronique

BLURRY SHAPES – « Insecure »

Sortie : septembre 2020

Publié le 15/02/2021

On pourrait résumer BLURRY SHAPES à un simple groupe local qui puise ses aspirations musicales de Tool ou Alice In Chains. Ce sont effectivement certaines de leurs références, mais comme tout musicien l’inspiration vient de leurs affinités. Mais loin d’être une pâle copie de mes groupes fétiches de mes années lycée, BLURRY SHAPES me fait remémorer non sans une certaine émotion des groupes comme Chevelle, Fuel ou encore Shovel. Ces simples références vont vous donner une idée du plaisir auditif des riffs de guitares de Moïse et Wilfried soulevés par une rythmique de métal alternatif que Damien maîtrise à merveille et le tout posé par la ligne de basse au poil de Frédéric. Le chant de Cyrille permet de ficeler tout cela avec des paroles qui donnent sens à la puissance de leurs 4 nouveaux titres. De plus le travail avec Baptistin Fréal permet une écoute des plus agréable sur leur Bandcamp.

Guiom

 

Belacide - "Ce bleu là"

Sortie : octobre 2020

Publié le 11/02/2021

J’ai eu le plaisir d’avoir Bertrand au téléphone pour griphoner cette chronique et j’ai été marqué par cette voix teintée d’un soupçon de Daniel Darc et d’une touche de Mathieu Boogaerts. Pas uniquement par la tonalité assez similaire mais par cette timidité, cette humilité, cette discrétion digne d’un gentleman qui sait s’effacer avec classe mais dont la présence nous rassure. Avec Ce bleu Là BELACIDE marque une troisième fois la scène locale sarthoise d’une touche d’amour et de mélancolie. Dix titres mêlant la noirceur de Miossec avec la beauté de Baden Baden. L’appui sans faille de Lionel Fondeville et la collaboration d’Estelle Marie et d’Arnaud Plessier ajoutent sur ce dernier album une autre dimension encore plus maitrisée de l’univers BELACIDE. Un plaisir à écouter et se laisser emporter sur Bandcamp ou en vinyle en attendant la scène j’espère très bientôt.

Guiom

 

Pour suivre l'actu de BELACIDE, rendez-vous sur :

"DRACHE" par DRACHE

Publié le 17/09/2020

Pluie acide de mots saillants et grinçants. Beats électro-hiphop sombres et puissants.

Le premier EP du rappeur manceau est aussi marquant que ses concerts fleuves. Il puise dans son expérience personnelle universitaire, et de son travail dans l’humanitaire pour dépeindre un monde en perte de repères sémantiques, aux inégalités exacerbées qui ne peuvent laisser indifférent…jusqu’à nous pousser à la folie. Si vous embarquez dans son flot, dans le reflet qu’il dépeint de sa vision maussade de la vie, pour sûr vous risquez de perdre tout ou partie de votre raison… Rap psychique taché d’éclaboussures politiques qui sentent la pisse, la DRACHE n’est pas que rafraîchissante. Elle décrit aussi l’hypocrisie des relations humaines, des postures morales non assumées, avec un regard de sociologue prenant un malin plaisir à écarteler la notion de norme. « voguer dans la norme dans un espace de bienséance abriter sa quête de reconnaissance ». « la guérison commence par l’acceptation de sa démence ». DRACHE … c’est un peu comme si Bonjour Tristesse s’était mis à composer des titres de rap !

Pico

1er EP 4 titres - LORNE MALVO

Publié le 17/09/2020

« Les gars de Shuffle et Stone from the Sky viennent de publier le premier EP de LORNE MALVO » Voilà comment la proposition de chronique m’a été présentée. Alors je vais sur leur bandcamp et je vois les tag skramz, post hardcore et punk ; jackpot !! Je commence à écouter les 4 titres pour pouvoir les présenter en quelques lignes et je me suis pris une claque. Bon je m’y attendais un peu car on retrouve Élie, Florent, JB et Pierre issus de formations que je porte dans mon cœur, mais je ne m’attendais pas à cette jouissante violence. Il y a des groupes que l’on découvre d’un style musical particulier qui te donne l’envie d’écouter des playlists de ce même style, LORNE MALVO en fait parti. Je découvre, une de leurs inspirations, les lavalois de Birds in Row et je réécoute Suis la Lune et Pageninetynine. On y retrouve une puissance et une fluidité mélodique qui ne renient pas les origines de ce quatuor avec des textes criants de vérités sur la remise en question de sa vie à un instant T. Un album se profile et une tournée 2021 vous permettra de vivre pleinement cette découverte sur scène.

Guiôm

 

"CITHARA AMBIENTUM II" - SOLINCA

Publié le 17/09/2020

La nuit. Sans doute le moment qui convient le mieux pour se laisser bercer par la nouvelle livraison de Solinca. Plus qu'un disque, un voyage sonore. Les yeux fermés, on se laisse porter par les sons et on se prend à imaginer des paysages, des déserts, des forêts. Il est beaucoup question ici de lâcher prise, ne pas chercher à comprendre mais au contraire laisser son cerveau en mode subconscient. Planer sur cette masse de sons réverbérés, empilés les uns aux autres comme un puzzle abstrait. Comme pour un monochrome, l'impression d'ensemble est celle de l'abstraction ultime, mais si on s'attache aux détails, force est de se rendre compte que tout cela contient ses pleins et ses déliés, ses aspérités, tout en mélodies fragiles et accords planants. Jusqu'à ces cloches, qui signent la fin de cette pause et nous ramènent tranquillement vers la réalité.
Aymeric


 

"Expiration date" - MOLTO MORBIDI

Publié le 17/09/2020

« What will I do when I’m 28 »? C’est une des questions existentielles de ce disque. Swan aka. Molto Morbidi scrute l’horizon. Révélée au sein de Shadow Motel, l’artiste a ensuite poursuivi sous ce nom aussi doux qu’angoissant. Précédé d’un premier EP en 2019, Expiration Date pose l’artiste en référence d’une sensibilité alternative qui vise juste. Cette ambition musicale et esthétique lui a ouvert les portes de premières parties de renom : Camélia Jordana (tournée Lost) et Gold (celui qui joue au Roadburn et non le capitaine abandonné). Le projet n’a donc pas de frontière. Le disque a d’ailleurs été masterisé à Chicago par Carl Saff qui a aussi travaillé sur des albums chéris, en 2020, par la presse indépendante américaine : Bambara et Bonny Light Horseman. Molto Morbidi a cet ADN. Savoure ta chance que les repas de famille, où s’inviterait avec plaisir Hope Sandoval (Mazzy Star), aient lieu près de chez toi.
Cyrille Blanchard

 

"Anger" - Azuryte

Publié le 31/08/2020

Azuryte n’est pas méconnue des Sarthois. Avec 50 concerts à son actif, en 2019, la chanteuse fait parler d’elle. Le 22 juin 2020 est sorti son EP 5 titres « Anger ».  Seule en scène, à l’aide de son looper, l’artiste nous plonge dans son univers. C’est un projet très personnel, entre questionnement, colère et doute. Le premier morceau « Stéréo » a été revisité spécialement pour l’EP. Le 8 mars, nous découvrions ce morceau sur la chaîne Youtube de l’artiste, en acoustique, filmé au Silo où Azuryte nous livre une version intimiste.  L’EP continue avec le titre « Anger ». Cette chanson réunit tous les morceaux de l’album sur la thématique de la colère souvent mal perçue. Elle nous parle d’un sentiment d’injustice notamment en tant que femme dans la musique.  Pour les trois derniers titres « Barefoot », « Next Room » et « Beautiful Mess », vous pourrez vous balader entre l’histoire d’un rêve, l’imagination de la jeunesse de demain et le sentiment d’enfermement et de bien être dans la foule.  Pour ce projet, Azuryte a travaillé en collaboration avec Nevesty, co-compositeur de la chanson « Anger », Gaëlle Lesaint pour un superbe duo sur « Barefoot » et Grégory Perina co-arrrangeur de « Beautiful Mess ». L’EP « Anger » est l’œuvre d’une jeune artiste prometteuse, à suivre de très près pour les années à venir.

Cindy Gauthier

"Synthèse Additive" - Allebou

Publié le 18/05/2020

Allebou est un jeune rappeur manceau de 19 ans. Il débute la musique en 2016. En 2018, il intègre le dispositif de la Couveuse où il rencontre Samir de la Baraka Prod qui l’aide à structurer son projet. Tout s’enchaîne pour Allebou. On le retrouve sur scène, notamment au festival Connexions en première partie d’Afrodite. Début 2020, Maes, le repère sur les réseaux sociaux et l’invite sur Planète Rap à la Radio Skyrock. Le 28 février 2020, il nous présente la mixtape « Synthèse additive ». La phrase qu’il résume sur cette mixtape : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ». Ce projet est un beau mélange de couleurs. Le premier titre « Rouge, vert, bleu » nous l’annonce très bien. Ces dernières sont les trois couleurs primaires, qui permettent de réaliser toutes les couleurs du monde, c’est ce que l’artiste défend. Tous les morceaux qui suivent ont des noms en rapport avec le champ lexical de la couleur. Chaque titre a son univers bien à lui, ce qui satisfera chaque auditeur. Cette mixtape sera l’occasion de le découvrir pour un plus large public. Espérons donc un fort succès pour ce projet et un album pour 2021.

Cindy Gauthier

"Sang d'Encre" - Monsieur Saï

« Album posthume d’un mec vivant ».

Publié le 13/05/2020

Sang d’encre s’ancre dans une critique hypnotique de nos modes de vies à travers un cloud rap autobiographique ultra sombre.
Ici la couleur du sang est celle de l’encre noire qui teinte l’écriture de Monsieur Saï. Une goutte de sang noire qui quand elle est plongée dans une flaque d’eau pure trouble instantanément son environnement. Tel un précipité de beats psychotiques (composés par le Suisse Monsieur Connard), enveloppant parfaitement les textes acérés de Mr Saï. Critique du patriotisme borné, d’un rap game désincarné, … Immersion en eaux troubles psychologiques d’une enfance qui a laissé s’échappé quelques monstres encore vivaces.
« Je suis devenu adulte et personne m’a prévenu… » Laissez-vous sombrer dans une solitude glaçante, consciente et réconfortante à la fois. Par cet opus Mr Saï prouve que l’intégrité en matière artistique est plus que jamais nécessaire pour affronter les canons de l’uniformisation.

Pico

"Vega" - NKP

Publié le 04/05/2020

Syndicat : association qui a pour objet la défense d'intérêts communs. NKP est membre du Syndicat, collectif manceau, avec Polar et Magenta. Leur objectif ? Se serrer les coudes, se passer le mic’ et diffuser leur rap à qui veut l’entendre et au-delà (« je veux qu’on fly comme Arianne »). Nous avons découvert le flow de NKP en première partie de JP Manova, au Festival Connexions et également en porte-parole des talents émergents couvés par Shanky. Susanoo, son frère de scène, n’est jamais très loin (Aya), dans le sillon d’Ineige et Ingoba, en featuring sur Vega, premier disque à la mise en son irréprochable. La symbiose s’exprime et l’auditeur ne tarde pas à comprendre que si Nicolas parle de lui, l’esprit est au pluriel. La langue accroche en mode trap tout autant qu’elle caresse les productions bien léchées. « Ils avaient de l’avance mais on les a dépassé » clame NKP sur Supernova. Le clan 33 Tours Studio est lancé.

Cyrille Blanchard