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Chronique

The Orchid – Les Moments

Publié le 29/05/2018

Ces 4 garçons dans le vent poursuivent leur route dans la même veine folk mordorée où se lient poésie et image.

Au passage ils ne s'encombrent pas de fioritures et ne gardent que l'essentiel, l'essence même de leur travail, tout en légèreté et en nuances. Cette fois-ci les deux textes qu'ils nous livrent sont en français. Seulement deux titres me direz-vous ? oui mais de 7 minutes environ chacun : "Tant qu'il y a des roses" et "Rien que l'idée de l'être un jour nous rend déjà heureux". Un laps de temps où vous pourrez vous immerger sans difficulté au cœur de leurs mélodies qui s'étirent tel un voyage au long cours. La voix de Flo, une fois de plus, tel un funambule, viendra vous accompagner de manière sensible et posée sur des textes qui vous apporteront une douce mélancolie, inoffensive, encourageant à une contemplation positive. Quelques riffs de guitare bien placés nous rappellent que le groupe sait aussi évoluer sur des intonations plus rock. A quand la suite ?!

Marc Lothy

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Outrage - Villa Rotemburg

Publié le 29/05/2018

Alors que l’on peut observer la montée des mouvements politiques fascistes à travers le monde, Outrage revient avec un album et nous propose un voyage aux 4 coins de l'Europe.

Pas l'Europe de Bruxelles ni de Strasbourg, mais la belle Europe multi-culturelle : celle qui respecte et aime les différences de chacun. L'Europe libertaire, anti-fa, anti-libéral. « Villa Rotemburg » commence très fort avec le titre « Europa Anti-Fa », un morceau armé de gros riffs ska-punk, chanté dans plusieurs langues - comme la majorité des morceaux de l'album - et qui pourrait très bien devenir un hymne de la convergence des luttes antifascistes. « Villa Rotemburg » transforme l'essai d'Outrage de revenir depuis leur précédent album « Eldorado pagaille », à leur premier amour : le ska-punk. On appréciera, au fil des titres de ce nouvel album, le passage par des mélodies baltiques, latines, germaniques... au son des cuivres et de l'accordéon !

Florian NotDeadAsso

Naked (in a Sphere) – Reborn

Publié le 29/05/2018

En quête constante de faire vivre leur art musicalement et visuellement, « Naked » a fait grandir le cercle. Jusqu’à la scène locale des beatmakers revisitant ses morceaux.

Ce disque de remix a peut-être influencé le processus créatif du nouvel album reprenant des sonorités familières au cœur des fans. Mais le schéma n’est pas simplement reproduit. Les orchestrations sont toujours plus réfléchies (Hampered) et les refrains immédiats (« she decided to stay alone / she remains on the roadside »). Et puis, Naked (in a sphere) surprend. La simplicité tribale de Confidentia a l’élégance des grands tubes de Peter Gabriel. Womanliness pousse d’autres portes avec Etienne en lead et le mariage des deux voix pour toujours plus d’électricité. A child on the shoulders commence comme une ballade blues qu’on aimerait entendre dans un club d’Austin avec The Shougashack. Les musiciens sont toujours « naked » mais avec de nouveaux habits qui leur vont à ravir.

Cyrille Blanchard

HDW – Le Voleur De Couleurs

Publié le 28/05/2018



HDW : 3 lettres noircies sur le papier qui pourraient aisément se définir comme : "High definition writing".

Cet album est un parfait résumé de son jeune parcours en accéléré. Terre de contrastes, à la fois doux et dur, c'est au piano que Louise sait, tour à tour, souligner ses textes ou accentuer leur force. Ce voleur de couleurs n'en est pas à son premier rap(t). Il nous accompagne depuis plusieurs années avec des titres devenus incontournables qu'il cisèle tel un artisan : J'écris ton nom, Planète Slam, Lulu et le voleur de couleurs, découverte de cet album. Pour Lulu, Alexandre laisse fendre l'armure, on sent la peau sous le cuir. Mais pas de répit, il rebondit aussitôt avec un slam tout en couleur : T.A.T.T.O.O., véritable marque d'estime à la discipline. Des collaborations sont à saluer comme sur Planète Slam avec Suga, mais c'est dans l'intimité du duo piano/voix qu'HDW imprime sa marque.

Marc Lothy

 

 

Five Ugly Crows Kingdom

Publié le 28/05/2018



La légende raconte que cinq rois-corbeaux seraient nés humains afin d'étendre le Five Ugly Crows Kingdom sur Terre."

Vous l'aurez compris, cette formation sarthoise ne lésine pas sur la fantasmagorie autour de son histoire. Une imagination débordante que les cinq rockeurs mettent également au service de leur musique, avec un bel équilibre entre rythmes "doux" et riffs de guitare énervés. Leurs influences semblent très diverses tant chaque titre à sa propre identité. En bref, laissez-vous entraîner par ces cinq "affreux corbeaux" qui vont désormais tenter d'étendre leur royaume grâce à ce rock qui pulse!

Jean-Edouard

 

 

Dejanjo - Dejanjo

Publié le 28/05/2018


On ne sait plus où donner de la tête avec Déjanjo!

Leur premier album, sorti en septembre, offre une alternance de musiques yiddish, orientale ou reggae sur fond de détours par des sonorités électroniques. Un véritable voyage dans divers horizons de la world music avec tout de même un penchant plus affirmé pour la musique gitane et la péninsule ibérique puisqu'un tiers des titres sont chantés en espagnol. Déjanjo propose donc un patchwork musical engagé, festif, sans se départir d'une bonne dose d’humour. Ce trio manceau, qui écume les bars et festivals de la région depuis 2014, a fait le choix de sortir son album avec un système de prix libre, dans un souci de « solidarité et d’autogestion ».

Jean-Edouard

 

 

DEEP&Brisk - EP

Publié le 28/05/2018



Le rock en Sarthe n'est pas avare de duos talentueux. Encore un me direz vous, oui mais celui-ci s'inscrit dans un style qui trouve ses racines dans le siècle qui vient de s'achever.

Pas d'électro, de beats et autres MPC, mais une rythmique syncopée qui n'est pas sans rappeler des groupes comme Red Hot chili Peppers ou Rage Against the Machine en leur temps. Le titre Clap songs en est une bonne représentation qui, avec son énergie brute, vient vous faire tressaillir les tympans. Mais pas vraiment de limites pour le duo sur Waterfalls c'est du côté du jazz fusion que l'on trouvera certaines intonations, une construction des titres plus riches, mais laissant place à une grande liberté comme le faisait par exemple Return to forever par exemple. L'ensemble est un résultat détonnant qui vous emportera dans un univers clair/obscur. A ce titre Deep & Brisk a bien choisi son patronyme n'est ce pas ?

Marc Lothy

 

 

Blue Mountain Expansion - Lively, Restless

Publié le 28/05/2018



Deux ans que le groupe travaillait sur cet album, mais cela fait bien plus longtemps que Blue Mountain Expansion écume les scènes du « Snam Hell » et d'ailleurs...

Après un très bon "Deaf Remission" en 2014, les mauvais garçons de B.M.E sont de retour avec le plus sombre et froid "Lively, Restless". La production sonne au plus juste, elle est signée Vincenzo de Marinis (Dead Mantras, Chevalien…). Les voix et les guitares assénées de reverb jouent parfois avec la justesse, mais le basse-batterie percussif rend cet ensemble incroyablement cohérent.

À l'écoute de ce disque, on pense forcément à Slowdive, Deerhunter ou le Brian Jonestown Massaccre du début des 90’s. Pour finir, mention spéciale à la très belle pochette made in Cranes Studio. Il ne reste plus qu’à espérer que Blue Mountain Expansion ne nous fasse pas attendre de nouveau quatre ans pour produire un nouvel opus. 

Clément Allet

 

 

BELACIDE - Un Art silencieux

Publié le 28/05/2018



Avec « Un Art Silencieux », son deuxième album autoproduit, Belacide confirme son indéniable talent d'écriture, ainsi qu'une certaine facilité à nous proposer des ritournelles qui claquent, des trucs qui restent en tête.

Neuf titres courts, efficaces. Les textes en français sont subtiles, poétiques, profonds et espiègles. La voix est claire, parfois doublée, brute, sans fioriture, sincère. Belacide est un projet solo mais Lionel (Le Manque), son comparse de la première heure, n'est pourtant jamais très loin (arrangements, synthé, ...). Comme pour son premier opus, Bertrand est allé l'enregistrer chez Damien Tillaut (mix, mastering, arrangements, ...). L'album est sorti en CD digipack, le graphisme est signé Yoann Buffeteau. Il est également disponible sur son bandcamp.

Un album résolument rock sous des allures de pop lumineuse, rageuse ou apaisée. Discret, Belacide poursuit son bonhomme de chemin : demi finaliste du prix Moustaki 2018, apparition sur les compilations de La Souterraine et de With A Messy Head. Ecoute, "tu n'as jamais dansé comme ça".

Delphine (Vertiges - Radio Alpa)

 

 

Bad Fat – 2 in 1

Publié le 28/05/2018



Un panda pèse dans les cent kilos à l’âge adulte. A la tête d’un brass band, il doit certainement perdre un peu de poids. Captain Panda a donc fini par laisser sa place à Bad Fat.

Mais comme les musiciens ont toujours bon appétit, ils ont recruté non pas un, mais deux Masters of Ceremony. L’artiste américain Napoleon Maddox (Iswhat ?!) a bien raconté l’histoire de ses deux aïeules siamoises pour Banlieues Bleues. Rien d’étonnant à ce partage de micro. Jay Ree retrouve l’esprit qui animait les débuts de Sax Machine. Ils insufflent une bonne dose de hip-hop sur un rythme cuivré assez irrésistible.

De la famille Clinton, Bad Fat garde le meilleur : George ! (Parliament-Funkadelic). Vous pourrez faire le test en écoutant les cinq titres mais c’est IMPOSSIBLE de ne pas danser. Sur Dislike the Unlike, la vibe latino (Moon Side) ou la touche TV on the radio (Sun Side) placent Bad Fat comme une des plus grandes promesses de la scène fusion internationale.
Cyrille Blanchard